Toronto : une ville multiculturelle

Sur une population totale de 2,628,125 en 1971, la région métropolitaine de recensement de Toronto compte 44,815 personnes de langue maternelle française, soit 1.7% et 20,580 ou 0.8% de langue d'usage française. Le taux net moyen d'anglicisation s'établit à 54.1%. Près du tiers de toute la population de langue maternelle française du Sud (136,000 habitants), ainsi que le tiers de sa population de langue d'usage française, habitent la région métropolitaine de recensement de Toronto. En nombre absolu, il y a 8,500 personnes de langue maternelle française de plus à Toronto que dans les deux comtés majoritairement francophones de Prescott et de Russell, mais 15,405 personnes de langue d'usage française de moins que dans ces deux comtés.

Toronto est une ville cosmopolite. Aussi peut-on parler d'une francophonie multiculturelle lorsqu'on se réfère à sa population d'expression française. Des Québécois, des Franco-Ontariens et des Canadiens-Français d'autres provinces, en poste dans la fonction publique provinciale, les sociétés d'État, le monde de l'éducation etc., se regroupent autour de la paroisse St-Louis de France. Des Franco-Ontariens et des Acadiens de couches sociales moins fortunées sont établis depuis longtemps autour de la paroisse Sacré-Coeur. Les mondes du travail, de l'enseignement, de la fonction publique et de l'hôtellerie attirent aussi des francophones d'origine européenne ou nord-africaine.

À ce multiculturalisme francophone, vient s'ajouter un nombre considérable de personnes pour qui le français est une langue seconde et qui peuvent participer, au moins en tant que consommateurs, aux activités francophones. Selon des statistiques du gouvernement ontarien, il y aurait 132,130 personnes dans le Toronto métropolitain qui se déclarent bilingues en anglais et français.

Tiré de Pierre Savard, Cultiver sa différence, Conseil des arts de l'Ontario, 1977, p. 86-87.

Laure Rièse