Ouest-Nord-Ouest

1945
Fondation de la Fédération
canadienne-française de
la Colombie-Britannique

Liens

Depuis le début du siècle, les francophones de la Colombie-Britannique se regroupaient dans des clubs, des cercles et des associations de toutes sortes. L’un d’entre eux, le Club canadien-français de la Colombie-Britannique de Victoria, propose en 1945 de regrouper ces divers organismes socio-culturels pour « promouvoir la survivance française en Colombie ». Les circonstances sont favorables, car la population de langue française de la province s’est accrue de Canadiens français en provenance des Prairies et du Québec pendant la Crise économique des années 1930 et la Deuxième Guerre mondiale. Fondée en 1945 sous le nom de Fédération canadienne-française de la Colombie-Britannique, l'association change de nom en 1969 pour devenir la Fédération des Franco-Colombiens, puis en 1992, pour prendre le nom actuel de Fédération francophone de la Colombie-Britannique.

À l’origine, la Fédération se donne pour mission de « défendre la langue et les intérêts religieux des Canadiens-français en Colombie-Britannique ». Calquée sur les associations des autres provinces, elle repose sur les cercles locaux, dont le nombre passe de cinq à dix en trois ans. Les Canadiens français originaires des Prairies y jouent un rôle important. La Fédération privilégie l’action au niveau de la paroisse, qu’elle considère à ses débuts comme le « seul moyen [à l’époque] de regrouper les francophones ». Elle contribue donc à la formation de six nouvelles paroisses, qu’elle cherche à doter d’institutions importantes pour la « survivance » : une école paroissiale et une caisse populaire. Les deux paroisses de Maillardville constituent la plus belle réussite à cet égard. En outre, la Fédération met l’accent sur le développement des écoles francophones en revendiquant le financement public des écoles indépendantes, la plupart catholiques.

Les années 1960 sont une période de remise en question. La première génération militante connaît l’essoufflement. Des plus jeunes arrivent, qui remettent en cause le lien entre la fédération et la paroisse, et prônent la mise sur pied d’écoles publiques, non confessionnelles. Dans le même temps, on met en place un secrétariat permanent, avec l’appui financier du Québec, du Conseil de la vie française en Amérique et de l’Association canadienne d’éducation de langue française. Mais le personnel n’est pas suffisamment nombreux.

L’arrivée sur la scène du Secrétariat d’État comme source de financement et la mise sur pied de programmes d’animation sociale signifient le début d’une ère nouvelle. Les démarches de la Fédération auprès de Radio-Canada apportent la télévision française en 1976, une décennie après la radio. Le monde associatif franco-colombien prend de l’expansion dans plusieurs directions : organismes culturels et associations locales, associations de logement, associations de femmes, de parents, de jeunes, de gens d’affaires, voient le jour nombreux.