Ouest-Nord-Ouest

Henri Marie Victor Lefebvre d’Hellencourt
(1862-1940)

C’est comme journaliste, rédacteur et propriétaire de L’Écho du Manitoba, l’organe libéral de la province, que ce Parisien fait sa marque au Manitoba.

Fils d’une famille bourgeoise aisée, Henri d’Hellencourt étudie dans les meilleures écoles de Paris. Il entre à l’école militaire Saint-Cyr à l’âge de 19 ans et amorce ainsi une carrière militaire prometteuse qui le mène au grade de lieutenant en 1887. Quatre ans plus tard, il démissionne toutefois de l’armée, après avoir échoué à l’examen d’entrée de l’École supérieure de guerre. Ce revirement serait attribué à son amour pour une divorcée, qu’il épouse à son arrivée à Montréal en 1891.

Le couple s’installe ensuite à Sainte-Anne-des-Chênes au Manitoba. Là-bas, les d’Hellencourt font l’expérience de la vie quotidienne des colons jusqu’en 1897, juste le temps d'acquérir les titres de propriété de leur homestead. Ils déménagent alors à Winnipeg où Henri d'Hellencourt devient rédacteur de L’Écho du Manitoba, journal libéral nouvellement fondé, dont il fera l’acquisition en 1902. Il y reste jusqu’en 1905, juste avant la fermeture du journal.

À cette époque de presse partisane, son journal s’oppose au Manitoba, le journal conservateur proche de la hiérarchie catholique que dirigent les frères Joseph et Noël Bernier. C’est dire que la tâche de d’Hellencourt n’est pas des plus faciles. Son mariage à une femme divorcée ne joue pas en sa faveur dans ce milieu imprégné de catholicisme rigide. On lui reproche son statut d’« émigré » et on le traite de « libre penseur » et de « sans patrie ».

Actif au sein du parti libéral, il travaille aussi au maintien des liens avec la France. En 1901, il est chargé d’une mission en faveur de l’immigration française au Canada et, entre 1902 et 1905, il est agent consulaire de la France à Winnipeg. Il est également vice-président, puis président (1900-1902) de La Gauloise, un organisme fondé en 1899 pour réunir les immigrants du Manitoba autour d’activités culturelles. Délégué de l’Alliance française à Winnipeg en 1902, il établit un cercle littéraire qui survit quelques mois. Henri d’Hellencourt quitte le Manitoba en 1905 pour continuer sa carrière journalistique, d'abord au Temps d’Ottawa, puis comme directeur politique au journal Le Soleil de Québec et, de 1920 à 1928, comme rédacteur à La Presse. En 1929, il rentre en France où il meurt en 1940.