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Québec |
Archives nationales du Québec, E10 76-345, D3. |
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Violonneux d’une virtuosité hors pair, Jean Carignan donne ses lettres de noblesse à la musique traditionnelle canadienne-française. Né à Lévis, Jean Carignan grandit en écoutant les reels et les gigues jouées par son père, violonneux très en demande dans les soirées. « Ti-Jean » commence lui-même à jouer à l’âge de quatre ans et, dès cinq ans, il se produit dans les rues de Lévis. En 1926, il rencontre le violonneux Joseph Allard, qui est revenu à Montréal après avoir habité aux États-Unis. La famille de Carignan est maintenant installée dans la métropole, et Jean apprend une grande partie de son répertoire canadien-français d’Allard. À cette époque, il se familiarise aussi avec les répertoires du violonneux irlandais Michael Coleman et de l’Écossais J. Scott Skinner, grâce à des enregistrements sur disque. Ces deux violonneux influencent grandement le style et le répertoire de Carignan. Parallèlement, Jean Carigan apprend le métier de coordonnier. Au cours des années trente, Carigan fait des tournées au Canada au sein de l’orchestre des Cornhuskers et participe aux enregistrements du groupe ; il est le seul francophone du groupe. De retour à Montréal, en 1939, il joue dans plusieurs orchestres et en dirige aussi un, à la salle de danse Saint-André, sur la rue Sainte-Catherine. Pendant cette période, il travaille de façon intermittente dans des usines. Vers le milieu des années 1950, les salles de danse commencent à fermer. Carignan prend la décision de se produire uniquement dans des concerts et des festivals de musique traditionnelle à travers l’Amérique du Nord, mais aussi en Europe et au Japon. Quand il est à Montréal, il gagne sa vie comme chauffeur de taxi. Le répertoire de Jean Carignan est impressionnant : plus de 7000 reels, gigues et autres airs de danse. Il fait la promotion du style celtique, en particulier le style dit « sligo », de Michael Coleman. Dans ses exécutions, il vise toujours la plus grande authenticité, qu’il marque de son originalité. À ces traits se marie une grande virtuosité, animée par la joie et l’énergie. Il réalise des enregistrements sur disque. Ti-Jean Carignan devient membre de l’Ordre du Canada en 1974. En 1976, il reçoit le Prix de musique Calixa-Lavallée en reconnaissance de sa contribution à la musique. |
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