Québec
 

1917
Crise de la conscription

Liens

 

La Première Guerre mondiale éclate en 1914. Au départ, l’unanimité règne quant à l’intervention du Canada, qui doit soutenir la Grande-Bretagne et participer à son effort de guerre. Dans les villes du Québec, des foules nombreuses expriment leur appui à la cause des Alliés.

Mais le vent tourne peu à peu, à mesure que s’envenime la crise ontarienne sur le règlement XVII, qui prévoit l’abolition des écoles françaises d’Ontario. L’ardeur patriotique des Canadiens français refroidit, et la contestation québécoise francophone face à la conscription s’accroît, ce qui ne manque pas d’irriter certains politiciens anglophones conservateurs. Rapidement, la question de la conscription déchire le Canada : les anglophones, qui sont majoritaires, la soutiennent, tandis que les francophones s’y opposent. En 1917, le gouvernement vote une loi qui rend le service militaire obligatoire. L’opinion publique se déchaîne au cours de l’été et de l’automne de la même année.

Pour Henri Bourassa, il s’agit d’un véritable suicide national pour une cause étrangère. De jeunes hommes fuient dans les bois ou se terrent dans les greniers. Les finissants des collèges classiques se découvrent une vocation soudaine et endossent la soutane plutôt que l’uniforme. On tente désespérément de recruter des volontaires au Québec pour aller au front, mais seulement 90 personnes répondent à l’appel.

urant la campagne électorale de 1918, les candidats du parti unioniste, formé d’une coalition de libéraux et de conservateurs, sont pris à partie et réduits au silence à grands coups d’œufs pourris et même de balles de revolvers. Aucun journal canadien-français ne les appuiera. Le résultat de l’élection est d’ailleurs sans équivoque : le Québec français vote libéral, le Canada anglais, unioniste ; le premier se retrouve dans l’opposition, et le second, au pouvoir. Au printemps de 1918, des émeutes éclatent à Québec et font rage pendant trois jours. Les militaires tirent sur la foule : cinq civils sont tués et des dizaines de personnes sont blessées.

1914-1918 - Première Guerre mondiale (Ouest)

1912 - Règlement 17 (Ontario)

Henri Bourassa (1868-1952) (Québec)

Wilfrid Gariépy (1877-1960) (Ouest)

Lionel Groulx (1878-1967) (Québec)

Wilfrid Laurier (1841-1919) (Québec)